Je me reculais.
-Je veux le retrouver, Aurore !
Elle hocha la tête, compatissante.
-Mais arrêtez de me regarder avec pitié ! m'emportais-je.
-Je comprends que tu veuilles le retrouver, et que tu veuilles le sauver comme il l'a fait avec nous, mais ne t'énerves pas, voyons...
-Arrête ça !
Je ne savais même pas pourquoi j'étais si agressive, ni pourquoi j'étais terrorisée ou aussi triste...
-Oh, Aurore, j'en ai assez... Tellement assez... Si tu savais...
Elle me serra dans ses bras.
C'était si encourageant d'avoir des amies sur qui compter.
Anaïs et Flandrine arrivèrent derrière nous.
-En réalité, c'est certainement Cobati qui l'a enlevé ou je ne sais trop quoi, pensa à voix haute Flandrine.
-Je ne pense pas...commençais-je.
Mes amies me regardèrent, étonnées.
-Je ne pense pas, repris-je. Il... Murando a une connaissance très vaste de la magie et du pouvoir de la Musique, autrement dit, Cobati n'oserait pas s'opposer à lui, car il le sait mieux que personne.
-Et Noname ?
-Noname était avec Murando, et ne le sous-estime pas. Il a peut être dix ans, mais il est très puissant, et il a appartenu à l'armée noire.
-Armée de Cobati ! fit remarquer Anaïs.
-Justement. Je le répètes, il a peut être dix ans, mais sa force est égale à celle d'une d'entre nous, peut être plus. Un peu comme Jodie, ajoutais-je avec détachement.
Aurore hocha la tête, contente que je ne considères l'ancienne Night Warrior uniquement comme un mauvais souvenir.
-Oui, mais cela ne nous aide pas... Du tout. Il faut que l'on retrouve Murando, et Noname avec, esperons-le, soupira Anaïs.
Je descendis en courant la rue en pente qui passait devant la boutique.
Arrivée en bas, essouflée, je regardais à droite et à gauche.
-Midnight...Où vas tu ? demanda Flandrine, haletante, derrière moi.
Je ne répondis pas et me remis à courir.
-Murandooo ! hurlais-je à plein poumons.
Les rues désertes et la perception du fait que nous soyons seules donnait une impression de liberté.
Je dévalais les rues, courait dans tous les sens.
Si quelqu'un m'avait demandé où j'allais, je n'aurais pas sû répondre, en réalité.
J'étais sûre que j'allais trouver Murando, même si je ne savais pas où.
Mais l'important, n'était-ce pas de trouver mes deux amis ?
Bientôt, j'arrivais du côté du port qui était vers le nord de la ville – et par où allait la rue –.
Je m'arrêtais.
La mer lapait la coque des bateaux, et le rebord qui la séparait de la ville, comme si elle voulait entrer dans cette dernière.
Le clapotis des vagues et le souffle du vent dans les voiles des bateaux étaient les seuls bruits qui subsistaient dans l'air.
Nous nous étions arrêtées de courir, et je regardais le spectacle non sans un pincement au c½ur.
Soudain, j'entendis un autre bruit, dans une ruelle sur la droite.
Un bruit banal.
Un bruit d'être humain.


