Chapitre 8: Partie 2

Chapitre 8: Partie 2
-Midnight, Midnight, calme toi...
Je me reculais.
-Je veux le retrouver, Aurore !
Elle hocha la tête, compatissante.
-Mais arrêtez de me regarder avec pitié ! m'emportais-je.
-Je comprends que tu veuilles le retrouver, et que tu veuilles le sauver comme il l'a fait avec nous, mais ne t'énerves pas, voyons...
-Arrête ça !
Je ne savais même pas pourquoi j'étais si agressive, ni pourquoi j'étais terrorisée ou aussi triste...
-Oh, Aurore, j'en ai assez... Tellement assez... Si tu savais...
Elle me serra dans ses bras.
C'était si encourageant d'avoir des amies sur qui compter.
Anaïs et Flandrine arrivèrent derrière nous.
-En réalité, c'est certainement Cobati qui l'a enlevé ou je ne sais trop quoi, pensa à voix haute Flandrine.
-Je ne pense pas...commençais-je.
Mes amies me regardèrent, étonnées.
-Je ne pense pas, repris-je. Il... Murando a une connaissance très vaste de la magie et du pouvoir de la Musique, autrement dit, Cobati n'oserait pas s'opposer à lui, car il le sait mieux que personne.
-Et Noname ?
-Noname était avec Murando, et ne le sous-estime pas. Il a peut être dix ans, mais il est très puissant, et il a appartenu à l'armée noire.
-Armée de Cobati ! fit remarquer Anaïs.
-Justement. Je le répètes, il a peut être dix ans, mais sa force est égale à celle d'une d'entre nous, peut être plus. Un peu comme Jodie, ajoutais-je avec détachement.
Aurore hocha la tête, contente que je ne considères l'ancienne Night Warrior uniquement comme un mauvais souvenir.
-Oui, mais cela ne nous aide pas... Du tout. Il faut que l'on retrouve Murando, et Noname avec, esperons-le, soupira Anaïs.
Je descendis en courant la rue en pente qui passait devant la boutique.
Arrivée en bas, essouflée, je regardais à droite et à gauche.
-Midnight...Où vas tu ? demanda Flandrine, haletante, derrière moi.
Je ne répondis pas et me remis à courir.
-Murandooo ! hurlais-je à plein poumons.
Les rues désertes et la perception du fait que nous soyons seules donnait une impression de liberté.
Je dévalais les rues, courait dans tous les sens.
Si quelqu'un m'avait demandé où j'allais, je n'aurais pas sû répondre, en réalité.
J'étais sûre que j'allais trouver Murando, même si je ne savais pas où.
Mais l'important, n'était-ce pas de trouver mes deux amis ?
Bientôt, j'arrivais du côté du port qui était vers le nord de la ville – et par où allait la rue –.
Je m'arrêtais.
La mer lapait la coque des bateaux, et le rebord qui la séparait de la ville, comme si elle voulait entrer dans cette dernière.
Le clapotis des vagues et le souffle du vent dans les voiles des bateaux étaient les seuls bruits qui subsistaient dans l'air.
Nous nous étions arrêtées de courir, et je regardais le spectacle non sans un pincement au c½ur.
Soudain, j'entendis un autre bruit, dans une ruelle sur la droite.
Un bruit banal.
Un bruit d'être humain.

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 12:40

Chapitre 8: Partie 3

Chapitre 8: Partie 3
-Murando ? C'est toi ? appellais-je, à voix basse en rentrant dans la ruelle étroite.
Mes amies me suivaient sans bruit.
Un petit garçon surgit de l'ombre.
Il avait un pantalon noir et une veste noire bordées de fils d'or et d'épaulettes.
Je le reconnu de suite.
-Noname ! Noname ! répètais-je en le prenant dans mes bras.
Quand je me redressais, je lui demandais, le visage soucieux :
-Où est Murando ?
Noname resta un instant silencieux.
-Il est partit de la boutique de disque quand vous arriviez, je l'ai suivit, mais il m'a dit de rester là.
-Par où est-il allé ?
-Par là. (Il montra la rue qui continuait à droite) Mais je crois... Je crois qu'il ne veut pas que vous le retrouviez.
Mon c½ur se serra.
-Mais non voyons, pourquoi veux-tu qu'il ne le veuille pas ?
Noname hocha la tête.
-Je le sais, c'est tout.
Anaïs fit un pas en avant.
-Bon, on y va ou quoi ?
-Va t-il revenir ? demandais-je à Noname, n'écoutant pas la question d'Anaïs.
-Je pense. Oui, bien sûr.
Je poussais un long soupir.
-Bon, on peut marcher à sa rencontre au moins.
Je me mis à marcher lentement, à côté de Noname.
La ruelle déboucha sur un cul de sac qui lui même donnait sur un jardinet.
-Murando ! appellais-je.
Je me mis à frissonner.
Il faisait froid et le lieu était lugubre.
-Murando ! répètais-je, plus fort.
Aucune réponse.
-Tu crois qu'on peut aller dans le jardin ? demanda Flandrine.
Je haussai les épaules.
-De toute manière, il n'y per...
Je m'écroulais par terre en poussant un cri.
Essayant de repousser la personne ou la chose qui me tombait dessus, je me débatais.
-Lâchez-moi ! hurlais-je.
Je sentis que j'avais donné un coup sur une chose dure, et quand je reposais ma main à terre, je vis une goutte de sang.
Le poids qui me clouait au sol se dégagea, et je me relevai d'un bond.
-Murando ?!
Il grogna.
-Ce n'était pas la peine de me détruire le nez, remarqua t-il.
Il saignait du nez, et je m'excusais, gênée.
-Désolé. Mais je n'ai pas l'habitude qu'on me tombe dessus comme ça, ça fait la deuxième fois en quelque mois.
Murando rit en plaquant un mouchoir sur son nez.
-Oui, mais la première fois, c'était un vampire, j'espère que tu ne me compares pas à un vampire.
Je souris.
Il évitait de prononcer le nom de Jodie, et je lui en étais reconnaissante.
-Mais peux-tu me dire d'où tu sors ?
Il leva la tête et pointa le doigt vers une fenêtre ouverte.
-Parfois les forces du mal ferme les portes.
Je ris de bon c½ur.
-Oui, ça j'ai cru remarquer.

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 12:41

Chapitre 8: Partie 4

Chapitre 8: Partie 4
Murando voulait retrouver Cobati avant que l'armée noire ne parvienne à la ville.
Son anacharnement nous rendait tristes.
-Murando, arrête d'essayer de le chercher, il va t'arriver quelque chose, murmurais-je tandis qu'il nous entraînait dans une ruelle sombre.
Noname semblait très inquiet.
-Qu'est ce qu'ils me feront ? demanda t-il.
Murando le regarda un instant, sans cesser de marcher.
-Eh bien, je crois que ça sera pareil que pour nous. Les membres de l'armée noire n'ont pas d'autres idées que de tuer. Tuer, tuer, tuer. Ils veulent voir couler le sang, se déverser la tristesse et les larmes autour d'eux. La terreur est leur plus grand atout, et leur meilleure amie. S'ils te croisent, ils te tuent, point final. Ils ne réfléchissent plus.
Je frissonnai.
-Mais d'où viennent-ils ?
-Ce sont des gens qui ont réservé leur vie à Cobati. Ils l'ont servis, ils l'ont aidés dans son dessein maléfique. Ou alors (il jeta un coup d'½il à Noname) ils se sont retrouvés sur la route de l'armée noire. Mais en réalité, la plupart de ces visages squelettiques, sont des gens morts depuis très, très longtemps. Avant même que Cobati naisse, bien avant. Le sang noir coule dans leur veine depuis leur naissance. Parfois même, ce sont des personnages de livre, ou des dictateurs.
Je jetais un coup d'½il affolé à Aurore.
-Mais bien sûr, ils n'ont presque plus d'emprise sur le monde. Juste sur les morts, si c'est à Hitler ou à Staline que tu pensais... me rassura Murando.
Je frémis à l'évocation de ces deux noms qui me semblaient un peu tabou.
-Mais qui voudrait servir Cobati ? demanda Anaïs, ironique.
-Je te l'ai dis. Des fois, j'en suis sûr, Midnight à dû être terrorisée à l'idée de rencontrer des personnages de livres imprègnés par le mal. L'armée noire représente tout ces gens, réels ou iréels, dont vous avez eu peur.
Soudain, le sol se mit à vibrer légèrement.
-Qu'est ce que c'est ? chuchotais-je, effrayée.
-C'est...
Murando fit un pas en arrière et dégaîna la vieille épée qu'il avait récupérée.
-L'armée noire est en route.
Je me mis à trembler.
Jamais de ma vie, je n'avais eu aussi peur.

Jamais.

# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:02

Chapitre 9: L'armée noire

Chapitre 9: L'armée noire
Chapitre 9
L'armée Noire

# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:20

Chapitre 9: Partie 1

Chapitre 9: Partie 1
Je demandais, suivant Murando qui marchait à grand pas rapides vers la boutique :
-Quand seront-ils là ?
-Bientôt. Dans une heure, peut être une heure trente.
-Oh non, dis-je sans pouvoir réprimer un sanglot de terreur.
Aurore me prit la main, pour me rassurer.
La sienne était moite, et la mienne tremblait.
Nous étions toutes aussi terrorisées les une que les autres.
Nous entrâmes dans la boutique.
Murando réfléchissait intensément.
Au bout d'un moment, il décréta :
-Il va falloir se battre.
-Mais nous ne savons pas nous battre ! répliquais-je, contenant à grand peine mes larmes.
Il me sourit doucement et tristement.
-Vous allez vite apprendre.
Je cachais mon visage dans mes mains, et Anaïs me prit dans ses bras, tandis qu'Aurore essayais de rassurer Flandrine – et de se rassurer –.
-Allons, dit Murando d'une voix sévère, vous avez réussi à vaincre Jodie, vous réussirez à vaincre Cobati. Il est impossible de revenir en arrière.
J'inspirais un grand coup.
Il avait raison.
Il ne fallait pas abandonner, il fallait y arriver.
Flandrine lança :
-De toute manière, il faut que nous y arrivions.
Je hochais la tête et lui souris.
Aurore ajouta :
-Et puis, nous sommes cinq. Si une de nous abandonne, elle abandonne aussi ses amies. Et c'est hors de question.
Anaïs fit un clin d'½il et finit à dire :
-Ouais, ensemble jusqu'au bout.
Je lançais un regard à Murando.
Il me sourit.
Son sourire me réchauffa le c½ur, et je ressentis une sensation que je n'avais vraiment ressentis avant.
Mon c½ur se mit à battre fort, et je détournais les yeux.
La confiance et le courage de mes amies me rassura.
Nous nous prîmes par la main, et nous regardâmes par la vitrine la rue déserte aux couleurs grises, attendant le temps de la bataille.
Je sentis en moi que l'aventure ne faisait que commencer, et un petit sourire passa sur mon visage.
Peu importe où cette histoire nous mènerait, nous étions ensemble.

Même dans la mort.

# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:23