Une fois debout, je scrutais les lieux.
J'étais dans une clairière.
Il faisait nuit.
Devant moi, comme l'avait dit Murando, il y avait une enclume.
Dessus était inscrit en lettre gothiques:
IL FAUDRA LE VOULOIR PLUS QUE TOUT
Je me concentrais au maximum, de sorte à ce que mon esprit répète:
-Je veux cette épée...
Je m'avançais, saisis le pommeau avec détermination, et me mis à tirer.
Alors, une force étrange s'empara de moi.
J'eu l'impression que tout mon corps devenait lumière, et que le pommeau argenté de l'arme devenait flammes.
Tirant de toutes mes forces, je sentis l'épée cèder.
Je l'entendis glisser hors de la pierre avec un bruit métallique...
Je sentis qu'elle m'appartenait.
Je sentis qu'elle n'avait jamais attendu que moi.
Une fois qu'elle fut bien dans mes mains, je la laissais tomber dans l'herbe dans un bruit sourd.
Elle était lourde.
Mais, me ressaisissant, j'empoignais l'épée et criais:
-Retour au monde réel!
Je serrais le métal froid contre moi, pour ne pas le lâcher, et fermais les yeux.
L'obscurité m'aspira, et je sentis mes genoux tomber sur le pavé dur.
En frottant mes membres endoloris, je me relevais.
Les autres étaient déjà là.
-Elle est lourde, cette épée.. Comment veux-tu que l'on combatte avec ça?
-Quand vous en serez obligée, vous prendrez vite l'habitude, répondit Murando avec froideur.
Je soupirais.
J'avais peur.
Très peur.


