Mes trois amies sortirent de la boutique, et je restais seule avec Murando.
-Peux-tu m'apporter vos quatre épées ?
Je déposais sur la petite table les quatre lourdes épées.
Quand mes doigts effleurèrent le fer de leurs lames froides, je frissonais et la peur me noua la gorge.
-Ca ne va pas ? demanda Murando, inquiet.
Je répondis, au bout d'un instant :
-J'ai très peur, Murando. Très peur.
Il soupira.
-Vous allez y arriver...
-Et si jamais on y arrive pas, hein ?
Il me fixa longuement.
-Vous y arriverez.
-Pourquoi en es-tu si sûr ?
-Je crois en vous. Et en toi, répondit-il en m'effleurant les cheveux.
Je poussais un long soupir et me laissais tomber dans le petit fauteuil.
-Nous ne sommes pas assez puissantes pour combattre toute une armée. Nous allons tomber comme des mouches sous les coups de l'armée noire.
Il s'assit à côté de moi, sur l'accoudoir en bois du fauteuil au tissus vert passé.
-Ne crois pas ça. Il y a cinquante pour cent de chance de réussir.
-Et cinquante de perdre !
-Midnight ! gronda t-il en se levant.
Il se posta devant moi et me regarda.
-Pourquoi n'as-tu pas confiance en toi ?
-Et toi, pourquoi as-tu confiance ? répliquais-je sur un ton de défi.
Il se pencha sur moi.
-C'est vrai, tu n'as pas de raison de croire en moi ! répètais-je.
Ses yeux étaient maintenant près des miens.
Je n'osais plus respirer.
Il répondit, doucement :
-Si, j'en ai une.
-Laqu'elle ? répondis-je, la voix tremblante.
Il se pencha un peu plus, et tourna légèrement la tête.
Mon c½ur s'arrêta de battre.
Ses lèvres touchèrent ma joue, et j'agrandis les yeux, surprise.
Je n'osais plus bouger un cil.
Murando fit un pas en arrière, détournant la tête, rouge.
-Ex...Excuse-moi...balbutia t-il tandis que je n'étais plus capable de dire un mot.

